COMMENT REPONDRE AUX ARGUMENTS EN FAVEUR DE L’EDUCATION SEXUELLE ?

Attention cet article datant d’Avril 2018 pour une information plus actuelle veuillez aussi lire le communiqué plus récent « Vers une éducation à la sexualité sans sexualisation précoce des enfants? » en cliquant ici

Avril 2018 (réactualisation novembre 2018)

Les parents qui tenteront d’agir pour protéger leur enfant de l’éducation à la sexualité dans sa forme actuelle se verront probablement opposer des arguments tout à fait critiquables. Voici, en des termes accessibles à tous, les réponses envisageables.

Préalable

Nous rappelons que nous sommes d’accord avec la partie du programme qui concerne la prévention des grossesses précoces et des maladies sexuellement transmissibles, la possibilité de prendre une contraception et d’avoir recours à l’IVG sans accord parental, la possibilité de dire « non » face à des sollicitations sexuelles, l’égalité homme-femme, et le fait qu’aucune forme de sexualité (à l’exclusion de la pédophilie) ne doit faire l’objet de discrimination. Mais nous sommes opposés à l’enseignement à « l’initiation sexuelle », ce que les textes officiels appellent « changer de paradigme », c’est-à-dire parler aux enfants dès petits de « sexuaIité synomyme de plaisir et d’épanouissement personnel (…) ». Nous ne parlerons ici que de cette initiation.

Tous les exemples cités dans les réponses correspondent à des témoignages vérifiés.

Argument 1 : Le programme d’éducation à la sexualité a été créé par des commissions comprenant des professionnels sérieux

Réponse. Non. Aucun professionnel spécialiste de la psychologie ou de la psychiatrie de l’enfant ne figure dans les différentes commissions à l’origine des textes officiels. Cette omission répétée a probablement été volontaire. A l’opposé, les premiers signataires de la pétition sont, eux, des professionnels spécialistes de la psychologie et de la psychiatrie de l’enfant. Ce sont eux qui reçoivent les enfants lorsqu’ils présentent des troubles psychologiques. Ils sont donc dans leur pratique en contact direct et permanent avec des enfants. Et 1/4 des 36 000 signataires (en septembre 2018) de notre pétition sont des professionnels de l’enfance, du droit ou de la santé dont 95 psychiatres et pédopsychiatres, 260 médecins, 35 pédiatres, plus de 1000 psychologues/psychothérapeutes et 1500 enseignants.

Argument 2 : L’éducation à la sexualité fait contre poids aux images pornographiques que les enfants et adolescents consultent sur internet, et à la représentation de la sexualité qui leur est ainsi donnée

Réponse. Allez voir le site « onsexprime », qui dépend du Ministère de la Santé, et qui est conseillé à partir de 12 ans. Un document de ce site (aussi distribué en 4e) s’intitule « Ma recette du plaisir ». Sur le principe des aimants (« magnets » qu’on met sur les réfrigérateurs), cet outil permet de « composer » sa propre recette en choisissant des mots parmi trois catégories : quoi ? (ex : mordiller, lécher, caresser, masser, frotter, chatouiller, tripoter, etc.) ; où ? (ex : gland, dos, clitoris, pénis, paupières, pieds, oreilles, cuisses, etc.) ; comment ? (ex : doucement, en jouant, délicatement, passionnément, etc.). L’internaute peut entrer jusqu’à cinq combinaisons qu’il peut télécharger. Il y a aussi des animations où on voit les différentes zones sexuelles rougir en fonction de l’excitation, ou des conseils pour fabriquer un clitoris en 3D. Et sur le même site, des mineurs racontent comment ils jouissent ou comment s’est passée leur première relation sexuelle.

Ou encore, une préadolescente raconte à ses parents qu’on vient de lui  expliquer la sodomie en classe de 5e.

Où est la différence avec la pornographie ? Education à la sexualité et pornographie provoquent de l’excitation, alors qu’un des buts fondamentaux de l’éducation est d’aider un enfant à contrôler ses pulsions. D’autre part, un mineur qui ne veut pas voir un film pornographique n’est pas obligé de le faire. S’il le fait, il doit cocher une case indiquant qu’il est majeur, donc il sait qu’il transgresse un règlement et que les adultes ne sont pas d’accord ; alors que les cours d’éducation à la sexualité sont présentés comme obligatoires et que le livret lui sera distribué, mis sous les yeux, et commenté : ce sont des adultes qui l’invitent et l’incitent à s’intéresser à cela.

Argument 3 : Mieux connaître la sexualité permet d’éviter les grossesses précoces

Réponse. Non. Faux, en mai 2017, une étude anglaise[1] a montré que lorsqu’on a diminué le budget consacré à ce type d’« éducation » pour des raisons économiques, le nombre de grossesses précoces chez les adolescentes a baissé de 42 % ; et qu’il a le plus diminué dans les régions où les coupes budgétaires ont été les plus importantes. Plus encore : cette « éducation » telle qu’est présentée ne peut que rendre les parents méfiants à l’égard du volet prévention ; et lorsqu’on leur dit que leur enfant va avoir des cours sur la prévention, ils peuvent maintenant légitimement penser qu’on va l’initier à la jouissance sexuelle. Ainsi les promoteurs du programme actuel ont-ils réussi « l’exploit » de décrédibiliser le travail de prévention mis patiemment en place précédemment.

Argument 4 : Cette éducation à la sexualité est faite avec tact

Réponse. Non. Il suffit de lire les témoignages pour constater l’absence de tact de certains intervenants qui font en sorte d’agir par surprise sur les enfants : leur demander de mettre un préservatif et du lubrifiant sur une prothèse de pénis sans les avoir prévenus et sans leur avoir demandé leur avis. Les faire convoquer en primaire avec leur carnet de santé par l’infirmière scolaire pour en fait leur expliquer en groupe la masturbation ou comment se déroulent les relations sexuelles, et qu’un homme doit être en érection pour pénétrer la femme, cela s’appelle piéger un enfant, et ne pas respecter son droit à l’intimité personnelle. Beaucoup de mineurs expriment leur grande gêne d’avoir dû assister à ces cours, le sentiment d’avoir subi une intrusion et de ne pas avoir été respectés.

Lorsque sur le site onsexprime et sur le livret distribué est figuré sur le texte consacré aux « premières pénétrations » (dans la section « les premières découvertes du plaisir »), la représentation d’un sexe masculin qui sort une langue gourmande, on est plus dans l’incitation de mineur à la débauche au sens légal du terme que dans le tact.

Le tact, c’est respecter le fait que la sexualité ne peut pas être considérée comme une matière « pédagogique » comme les autres, cela concerne des sentiments, des sensations, des questions qu’on peut ne pas avoir envie d’évoquer publiquement.

Le tact, ce devrait être aussi le respect de l’intimité familiale. Quand un enfant de CM2 revient de l’école et demande trois fois à ses parents ce qu’est le plaisir sexuel, et qu’évidemment ils sont gênés pour lui répondre, on constate que ce qui s’est passé dans l’établissement scolaire a modifié l’image qu’il avait de ses parents à cette période de sa vie.

Argument 5 : L’éducation à la sexualité prépare à l’épanouissement sexuel

Réponse. Non. Au contraire, l’éducation à la sexualité telle qu’elle est réalisée peut être source de traumatisme psychique. Les témoignages rapportés sur le site par des parents et par des jeunes  montrent que suite à des séances d’éducation à la sexualité, un certain nombre d’enfants présentent les symptômes suivants : malaise, troubles du sommeil, sidération, évitement des supports visuels (dessins, films) avec besoin de ne pas les regarder, refus de participer à d’autres séances sur ce thème, impossibilité de reparler de ce qui s’est dit pendant ces séances « pour oublier leur contenu », sentiment de honte, d’avoir été souillé (« on m’a violée de l’intérieur »). Il s’agit là des symptômes typiquement liés à un traumatisme psychique.

La préconisation aberrante qui consiste à affirmer qu’il faut parler des différents aspects de la sexualité AVANT que l’enfant ou l’adolescent se pose des questions ne peut qu’être source de traumatisme. Un enfant découvre son corps, son anatomie, à SON rythme, et pas à la vitesse imposée par des standards européens. Tous les enfants de la même classe n’en sont pas au même niveau. Il en est de même pour la manière dont on fait les enfants. Et qu’est-ce que cela apporte à un garçon âgé de 6 ans de savoir que son zizi se nomme « pénis » et à une fille de savoir que sa zézette (ou autre petit nom) se nomme « vagin » ? Qu’est ce qui se passe dans l’esprit de ces adultes qui veulent imposer ce vocabulaire aux enfants des autres à un âge fixe et précoce ?

Argument 6 : L’éducation à la sexualité a pour but de rendre tolérant à toutes les formes de sexualité et en particulier de lutter contre l’homophobie

Très bien, mais dans les témoignages que nous avons, nous constatons qu’on passe facilement de la lutte contre l’homophobie au prosélytisme. On ne peut que constater qu’il y a quelque chose de biaisé quand sur la couverture d’une brochure destinée à des étudiants est inscrit « Avant de choisir ou de ne pas choisir », avec des individus dessinés en train d’avoir des relations homo et hétérosexuelles. Que cherche-t-on à provoquer dans le comportement des lecteurs ? Quand on lit « qu’on n’invite pas l’enfant/adolescent à choisir son sexe, mais qu’on lui verbalise l’étendue des possibles »[2], au-delà de son sexe d’assignation, on est dans un autre registre que la lutte contre l’homophobie et pour l’égalité des droits.

Remarque : on risque d’opposer à cela que Freud, le fondateur de la psychanalyse, a écrit que chacun nait « bisexuel ». Sans entrer dans une discussion de spécialistes, il faut savoir que les citations de Freud sur ce sujet sont tronquées et déformées par les tenants de l’éducation à la sexualité. Tous les psychanalystes formés et sérieux le confirmeraient.

Argument 7 : C’est obligatoire

Réponse

C’est l’argument supposé mettre un terme à toute discussion. Alors voici les obligations que vous pouvez opposer : les circulaires dont vous pouvez vous servir.

1-La circulaire 2003-027 du 17 février 2003, indique que « l’éducation à la sexualité doit trouver sa place sans heurter les familles ou froisser les convictions de chacun». De même, la circulaire du 28 janvier 2016 précise que « le parcours éducatif de santé (incluant la santé sexuelle) est communiqué aux familles dont la coopération et l’implication constituent une priorité dans la perspective d’une coéducation ». Or actuellement les familles ne sont informées ni du contenu ni du jour de l’intervention ni du nom et de la qualité de l’intervenant.

Par ailleurs, la circulaire du 17 février 2003 précise qu’en milieu scolaire, l’éducation à la sexualité doit garantir le respect des consciences et le droit à l’intimité, et nous avons constaté à quel point cela n’est pas respecté.

2- Certes l’article 12 de la charte de la laïcité indique qu’ »aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme ». Mais il n’est pas question ici de religion mais de protection du développement affectif de l’enfant. De plus, l’éducation à la sexualité synonyme de plaisir ne fait partie d’aucun « programme » pédagogique officiel défini comme tel car elle est décrite dans les textes comme une stratégie de santé, et elle n’est pas effectuée par des enseignants puisque ce sont le plus souvent des associations ou des infirmières qui interviennent sur ce sujet. L’article 12 ne peut donc pas s’appliquer à l’éducation à la sexualité.

3-L’article 371-1 du Code civil indique précisément que « l’autorité appartient aux parents jusqu’à la majorité de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation (…)». En clair, la santé et l’éducation d’un enfant sont deux attributs essentiels de l’autorité parentale.

En l’absence de débat législatif ou judiciaire à ce sujet, rien ne permet pour le moment à des associations de se substituer à l’autorité parentale dans le domaine de l’éducation à la sexualité. Il existe une légitimité de la part des parents à considérer que ceci est de leur compétence. Au contraire, l’autorité parentale est respectée en Suisse où il est indiqué que « Les cours d’éducation sexuelle ne sont pas obligatoires. Les parents peuvent demander à dispenser leur enfant auprès de la direction de l’établissement scolaire ».

Enfin la circulaire du 12 septembre 2018 tente de recadrer en partie certaines des dérives constatées, voir l’article « Vers une éducation à la sexualité sans sexualisation précoce des enfants? » en cliquant ici

Merci de nous faire part du résultat de vos démarches et des arguments qui vous ont été opposés afin de nous permettre de mieux adapter les réponses possibles.

[1] D. Paton, L. Wright / Journal of Health Economics 54 (2017) 135–146

[2] http://monsieursexuel.blogg.org/la-guerre-contre-l-education-sexuelle-est-declaree-a130604066

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